dimanche 21 avril 2013

Dumet

Samedi 21 avril 2013
Piriac Dumet

PM 13h57 coeff 38 Vents NNE 3B

Marie-Laure, Martine, Françoise, Mélanie, Anny,
Hevré, Alain, Alain, Bruno, Thierry, Marc,
Yannick, Pierre-Dominique, Christian


C'est mon premier jour de vacances, mais je me lève tôt ! J'ai plein de bricoles à finir avant le déjeuner : cet après-midi, kayak ! Voilà un mois que je n'ai pas pu sortir en mer : j'ai hâte d'y retourner ! Et puis, le printemps est enfin arrivé : dans mon jardin, les cerisiers sont en fleurs, c'est magnifique ! Je suis super motivée. Avec un peu d'appréhension aussi : je manque d'entraînement, j'ai peur de ne plus tenir le rythme...
Quand j'arrive au club, Christian me propose de sortir en biplace avec lui (il devait y aller avec Cathy, mais elle a déclaré forfait). On va où ? A l'île Dumet. (Tiens, je croyais que c'était une sortie à la journée ! C'est loin, non ?) Alors va pour le K2 ! Je me sentirai plus en confiance, et puis je pourrai mieux profiter du paysage : jamais allée sur cette île, mais j'ai entendu beaucoup d'éloges à son sujet !
On attelle la remorque : pas beaucoup de bateaux dessus, pour une fois ! Pourtant, nous sommes quand même quatorze ! Michel, le quinzième, renonce finalement, par peur de rentrer trop tard pour prendre son train. Nous voilà partis, direction Piriac.
D'habitude, je viens ici avec mes proches de passage dans la région, pour visiter le vieux village, avec ses maisons en pierres, ses volets colorés et ses roses trémières... Aujourd'hui, je ne viens pas en touriste ! (Absurde petit moment de fierté, revanche du sportif qui est parti pour en baver, sur le vulgum pecus qui va se contenter de lézarder au soleil...)

Il fait un temps splendide, j'ai peur d'avoir trop chaud avec ma tenue d'hiver : comment s'habiller ? Marie-Laure et Martine se posent la même question. Elles me rappellent qu'il fait toujours plus froid en mer, et remarquent la petite brise encore bien fraîche : ce n'est pas le moment de sortir les manches courtes !
Effectivement, à peine embarquée, je me prends une vague en pleine figure : ouh ! là ! c'est saisissant ! Salé aussi...
Ce premier contact avec l'eau me donne du tonus pour pagayer, et nous mettons un petit moment à trouver notre rythme, avec Christian (qui est resté sec, bien planqué derrière mon dos !). Il me fait rire avec une blague de dentiste, et enchaîne avec des histoires de médecins, plus sérieuses. Pour renouveler sa licence, il a dû passer un test à l'effort... à cause de son grand âge ! (Il le dit en rigolant, mais comme c'est la troisième fois qu'il m'en parle, je commence à me demander s'il ne ferait pas un début d'Alzheimer... Mais motus ! Faites comme si de rien n'était !) Je me garde bien de lui faire remarquer que j'aimerais avoir autant d'endurance que lui, il rougirait ! (Vous avez remarqué combien les costauds sont pudiques ?)
La mer est belle, sans houle, avec un petit vent de face. Nous avançons à un bon rythme (Adonf porte bien son nom !), pour une fois je ne suis pas à la traîne ! Nous avons même fait la course avec Hervé, mais nous l'avons laissé passer devant, pour ne pas le vexer ! (C'est sympa d'écrire le compte-rendu, on peut garder la version qu'on préfère !!!)
A force de discuter, je ne vois pas le temps passer, mais mes muscles finissent par me rappeler à l'ordre : quand est-ce qu'on fait une pause ? On attend que le groupe se resserre, et on repart déjà !
Si j'étais dans un monoplace, je pesterais ! Mais là, je m'en fiche un peu : je vais à mon rythme, et mon coéquipier s'adapte ! C'est une des raisons pour lesquelles j'apprécie le K2 : je n'ai pas à m'occuper du gouvernail, pas à réfléchir, je dois juste éviter de déséquilibrer le bateau, et pagayer (à la vitesse que je veux, sauf passage délicat !). Autre avantage non négligeable : j'économise de l'énergie ! Nous accostons donc sur l'île Dumet sans que je ne sois complètement vidée par cette longue traversée.
Alain nous aide à débarquer, et porte même galamment le kayak à ma place (ce qui me réjouit, et mes bras encore plus ! Tiens ! Je les avais presque oubliés, ceux-là... Ouille !). Sur la plage, un ancien du club, avec un joli accent du Midi, vient nous saluer : le monde est petit, décidément ! Pendant qu'il discute avec Christian, je me rends compte que j'ai froid subitement : je me précipite sur mes provisions... Scrounch !
Dix abricots secs et un Snickers plus tard, je retrouve un semblant de sociabilité : je vais voir Martine, qui me propose une rapide visite guidée de l'île.
Comme c'est beau ici ! J'admire la visibilité exceptionnelle, le contour déchiqueté, les galets multicolores, les ruines chargées d'histoire, la clarté de l'eau, la beauté sauvage de l'ensemble...
Pierre-Dominique prépare son aile, qui ressemble plus à un cerf-volant qu'à un kite-surf : je me demande comment une toile aussi légère va pouvoir le tracter. Il attache tout ce qui est susceptible de s'envoler (une fois parti, pas question de faire demi-tour !), recommande aux costauds de veiller sur Anny (quel papa poule !), et nous voilà tous repartis !
Un petit tour de l'île, histoire de profiter du paysage et de jouer un peu à rase-cailloux (Eh ! Pas trop quand même ! On a failli heurter un rocher, à peine affleurant !). Nous rigolons avec Bruno, qui trouve le Nuka un peu court. ("Encore un qui mesure la puissance à la longueur !" commente mon voisin dont je préserverai l'anonymat.)

Le traversée retour s'annonce plus rapide : nous sommes poussés par le vent, et nous pouvons surfer sur les vagues. C'est là que je savoure le choix du K2 : plus long et effilé, il est un peu moins stable, mais il fonce ! Quand je sens que nous sommes soulevés par l'arrière, je mouline à toute berzingue... et j'entends Christian ahaner derrière ! (Pour le test à l'effort, ils n'ont pas prévu de suivre le rythme d'une petite jeunette avec un coton tige !) On rigole !
Nous peaufinons la technique, déjà expérimentée dans le Golfe, du surf en duo : l'avant propulse tandis que l'arrière dirige et marque un appui. Ou alors, avec les pagaies synchrones, nous affinons la cadence en tâchant de sentir la vague et d'aller à peine plus vite qu'elle : tout au feeling... Quand la lame nous emporte, c'est du pur bonheur ! Whaou !
Nous réussissons quelques beaux surfs, dont un très long, sans effort, un vrai morceau d'anthologie !
Pierre-Dominique est loin devant : sa voile aérienne semble efficace finalement ! Thierry veille sur nous, souriant ange gardien, tandis que les autres sont dispersés un peu partout. Nous faisons demi-tour pour attendre Yannick et Anny, en queue de peloton. Tout le monde a l'air d'apprécier la traversée : quelle sortie magnifique !
Nous apercevons un voilier sur la gauche, qui va couper notre route, et le surveillons jusqu'à être certains qu'il nous a vus. Le retour s'achève sans encombre.
Devant la plage de Piriac, Françoise et Marie-Laure enchaînent quelques esquimautages, et Christian me propose d'en faire autant, en duo : chiche ! Mais quand je saurai déjà faire en solo ! Alain nous aide encore à débarquer, tout sourire : Christian trouve ça louche, il attend la blague... Mais non, pas de renversement traître ! Je me relève, confiante, et tout à coup, Alain me fait une prise pour me déséquilibrer en arrière. Juste le temps de répliquer : "Si je vais à l'eau, tu vas y passer aussi !" (T'es pas folle ? Il est plus grand et plus fort que toi !) et il me rétablit en position verticale. (Ouf ! L'eau est trop froide, vraiment !) Je remonte le K2 en grelottant, à moitié euphorique après cet après-midi idyllique, et un peu triste qu'il se termine déjà...

Mélanie



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